preuve qu'on est deux et en Afghanistan
En vingt-quatre heures à peine elle a couvert les milliers de kilomètres qui nous séparaient depuis quatre mois, si aisément que déconcertant. Et voilà une nouvelle touriste, celle-ci de mon coeur, à Kabul.
Touriste: au grand étonnement de nos compatriotes vétus de kaki, rencontrés lors de la réception ferrero-roche d'or du quatorze juillet -l'occasion de se confronter à des français qui ne vivent pas dans le même Afghanistan que nous- :
-tiens bonjour, qu'y nous enchaînent, on s'est toujours demandé ce que pouvaient faire des français en Afghanistan sans FAMAS.
Après leur avoir retourné la question en changeant le "sans" en "avec", on leur répond, dans l'ordre: ONG, ONG, ONG, tourisme. Ca leur en bouche un coin et ils nous honorent d'un "bain en tout cas félicitations pour votre courage en tout cas".
Non mais voyez-vous z'un peu l'tableau?? Trois gros bidasses (cela dit en toute affection), arme au ceinturon, tenue camouflage, des bras comme j'ai les cuisses, qui félicitent pour leur courage trois petits branleurs (cela dit en toute affection), indices de masse corporelle inférieurs aux seuils autorisés, déjà soûls des bouteilles de champagne subtilisées au représentant officiel de la France en Afghanistan, en route pour se charger les poches de bières gratis pour le pique nique du lendemain, ce qui leur vaudra sous peu réprimande désapprobatrice du galonné en charge de la surveillance des bières ("é kon vous r'vouaye plu tici"), travaillant pour une ONG dont les membres sont parvenus l'année précédente à se faire jeter de la même jardin-fête annuelle pour miction sur les géraniums de l'ambassadeur.
Non mais quelle poilade.

(Hahahafghanistan)