jeudi, mai 25, 2006

Expliquer mon silence écrit


Boulot boulot, flemme flemme, après après 15 jours jours de ballades professionnelles dans les collines de l'Hazarajat sans dimanche, ma verve littéreuse reste en berne depuis ces quelques jours que (où?) je suis de retour à Kabul. En parallèle, je tente de recontacter certains directement, entendez par le truchement de mails individuellement adressés; et cet exercice d'épuiser mon peu d'énergie d'écriture.

J'entreprends ce retour au mail individuel car les amis ont tous boudé le commenting de blug. Avoir opté pour cette forme monologique à forts relents narcissiques en guise de "nouvelles de voyage" me vaut-il remontrance de camarades aux goûts sûrs et au sens critique acerbe? Ceci dit sans ironie, vivent acides et acerbes. Autrement dit, passerais-je finalement pour un gros naze mégaringardos ? Pitié pas de commentaires ou de mails pour me rassurer en affirmant le contraire -ce n'est pas question posée mais hypothèse explicative.

Il sera éclairant de noter que (tiens, cette préposition ne sert à rien tiens) les référents culturels sont ici différents et les jalons rares. Ceux qui se souviennent de l'épisode violonistique à Kabul relaté précedemment apprendront que depuis, nada.

Tiens non: j'oublie ingratement de grandioses découvertes musicales à l'autoradio ces dernières semaines, qui doivent leur intérêt plus au système de diffusion qu'à la musique elle-même, très bonne néanmoins; mais violemment sublimée par l'autoradio poussé à donf, les aigus tout également, pour monter les voix féminines et les cordes aigrelettes de la damboura à un niveau de saturation enthousiaste qui vrille délicieusement les oreilles. Ajoutez des coupures radicales du volume par le chauffeur bigot,chaque fois que l'on dépasse une mosquée, un tombeau ou un cimetière, puis retour à volume maxi, pour bien appuyer le contraste.


Cela pour dire que mes goûts, stratégies de choix artistiques et références culturelles sont ici mis à l'épreuve, et que si l'hypothèse du ringardisme est la bonne, elle n'est que l'écueil passager d'un esprit en perdition, voire en voie d'acculturation passive. Simple remise en cause -qui s'avérera salutaire, rien qu'en tant que telle, je ne préjuge pas du résultat final- à caractère exploratoire, donc... Merci à mes juges de tenir compte de cette circonstance atténuante.

Et puisque j'ai plein d'idées mais pas de mots pour les coucher, j'invite le courageux lecteur non à se brosser mais à repasser -bientôt. En attendant, je vous livre un lien vers l'épisode 13 des aventures cyclistes de Lily et Seb: ils y publient le récit de leur traversée de l'Afghanistan (recit partiel: ils oublient "délicieusement hâlé" lorsqu'ils mentionnent notre rencontre).