Et bientard le dépôt
Ce par quoi j'entends:
1./ Petite chronique du quotidien kabuli.
Eh bien ça y est, ça leur pendait au nez faut dire. Le récemment réinstauré ministère de répression des vis et de promotion de l'amertume déborde déjà de ses prérogatives pour loucher vers le législatif: tac, une tite loi sur l'alcool pour commencer.
La tacite tolérance qui permettait aux vils étrangers de s'adonner à leurs loisirs décadents à base d'absorption d'alcool, via supermarchés d'expats, bars d'expats, et autres infrastructures permettant au corps ONG de se divertir au péril de son foie, est belle est bien portée au jour et explicitement interdite à compter d'il y a quelques jours.
Les dépôts d'alcool sont vides, on croirait une supérette sous les soviets. Dramatiquement rien dans les rayons, constaté hier, arrivés trop tard au dépôt (tac, voilà mon titre). Comme le dit dépôt est le goulot amont de toute la filière alcoolique kabuli, celle-ci sera tarie sous quelques semaines. Ca débute par les commerçants de quartier, qui par de bienveillants étrangers se faisaient fournir en bières sous le comptoir. Plus rien dans la rue, on a acquis à prix d'or les 4 dernières Heine%en avant-hier. Plus rien au supermarché. Qu'en est-il des bistroquets, suspense, mais en tout cas pas pour longtemps. La communauté expatriée est donc réellement en péril à Kabul.
Personnellement, assez peu m'en chaut (si ce n'est pour une hypothétique fête de départ organisée par mes camarades, ce dont je doute compte tenu de mon humeur ces temps ci) car
2./ Bientôt le départ (contropétriquement)
Fini Kabul et l'Afghanistan, sous dix jours. Jeudi en huit, nous sautons jusqu'à Hérat en avion, et ce sera le seul avion emprunté jusqu'à Marseille -du moins c'est ce que promet le dépliant. Nous serons donc en Iran pour voir y le début de l'intervention états-unienne (je propose de baptiser l'opération "crushing the assholes" -moins poétique que d'habitude mais peut-être plus franc), puis en Turquie pour le haut de la vague d'attentats, avec un peu de chance nous verrons à Sarajevo un retour d'affrontements, puis à Padoue le début de la guerre civile déclarée à Prodi par la Ligue du Nord... et enfin Marseille, pour nous faire braquer les sacs à dos.
En attendant tous ces jolis instants, qu'il sera peut-être difficile de faire partager via ce blug pour cause de difficultés de connexion, quelques photos sans tambour ni trompette ni lien ni entre elles ni avec le texte.
Et non sans émotion j'évoque la possibilité que ce post soit le dernier, HazaramaT s'éteignant dans 10 jours pour redevenir MassiliamaT, qui lui ne tient pas de blig car il a des amis de chair.
Qui sait?
Et qui s'en préoccupe?

Un afghan nous menace à l'arme blanche. Il a déjà débité un melon sous nos yeux effarés.

Un autre afghan, assoiffé de sang. Massoud lui lit une histoire pour le calmer mais rien n'y fait.

Heureusement mon interprète et moi sommes avec Batman pour nous protéger. Tandis que les russes tentent une percée en contournant le container.

Batman parlemente avec l'afghan assoiffé de sang.

Tout va bien, nous sommes sauvés. Batman regarde au loin avec mélancolie, non sans cacher son angoisse existentielle diffuse. Massoud nous lit une histoire pour nous endormir.
4 Comments:
Bah. Encore eut-il fallu que tu l'écrivisses correctement...
Si ta déconvenue est d'ordre climatique, je comprends ton émoi. Et moi d'enjoindre que ton "peu m'en chaud" prend alors tout son sens.
Mais quand bien même le verbe (tant le terme que la formule) serait défectif et largement inusité, l'usage n'eut-il pas été au T (final)? Ce dont je me deulx ici: un "peu m'en chaut" siérait d'avantage. Bientôt ou bientard, il était temps en effet.
Bonne modération. Et bon retour.
cher ange gardien sémantique (si ça veut bien dire "des mots", car dorénavant je douterai de tout),
Merci pour ta vigilance. Je corrige de suite cette grossière erreur, qui en outre est une erreur réitérée -ayant déjà passé il y a quelques mois deux heures de temps de travail salarié à dénicher l'infinitif de "chaut". Que je ne livrerai pas ici. Eh bien, que voici des adieux peu brillants de la part d'HzrmT, dont il est plus que temps que je me sépare (tiens, il y a sûrement quelque critique grammaticale à formuler à propos de cette phrase) -schizophréniquement parlant.
Par ailleurs ton anonymat me semble éventé -mais il ne s'agit que de suppositions- car, ce dont je me plains amèrement, peu parmi mon entourage s'expriment avec une telle grâce désuette. Et, fais-tu seulement partie de mon entourage sus-cité? Si tel est bien le cas, j'entrevois deux identités que je te prêterais volontiers (soit tu n'aimes pas les bises, soit tu passes bcp de ton temps aux cabinets, te reconnaitras-tu parmi ces deux évocations conçues pour préserver l'anonymat auquel tu tiens tenir?). Si tel n'est pas le cas, enchanté madame/mademoiselle/monsieur. Dans tous les cas, j'émettrais une réserve, avis tout personnel, sur l'emploi du temps qui fait "isses", à mon goût légèrement capillotracté, voire de ce fait néfaste à la cause. Quoiqu'écrivisses apparaissant calembouresque à deuxième vue, son usage reste de bon goût.
bien cordialement,
et merci pour voeux de retour,
(mais que signifie cette évocation de "modération"? décidément les pistes s'embrouillent)
Cher inspirateur,
Combien ai-je été remué à la lecture de ton poignant billet qui rend compte de ton attachement à rechercher un entourage. Il est vrai que tu es parti si loin ! Rendons grasse à la magie des communications binarisées et pixelisées où les frontières virtuelles du temps et de l'espace n'existent plus ! Grâce à Ziggy Stardust, Wanadoo et maintenant toi: We can be Heroes, just for one day. At least.
Pour commenter cet anonymat que tu n'as su seul déventer, tu as maintenant matière à réflexion puisque d'un revers négligent je me sens obligé de briser tes indices et remettre ainsi en cause le choix de paramètres certes originaux, mais néanmoins triviaux. Un ingénieur ingénu t'aurait soufflé que l'originalité se suffit rarement à elle-même pour qualifier la robustesse d'une estimation (cékiki ?) paramétrique (bise, cabinet) multi-modèle (anonyme vrai, fausse blonde, entourage?) à plein d'inconus.
Cet anonymat que tu n'as su seul déventer, disais-je.
Qu'aurais-tu pu conclure, croyant tomber fort à propos lorsqu'une réponse spontanée m'eût fait dire que je déteste la bise -celle qui se rue à travers les buissons et la moindre ouverture de mon blouson- et que je me singularise par une aversion incomensurée du cabinet dans lequel je n'échoue que par nécessité? Tu seras d'avis que ton choix n'étais pas heureux... Finalement, ne rentrons nous tous pas dans des gouffres aussi sombres que détester la bise et/ou durer aux cabinets?
Je te laisse médire sur la question.
Pour en aborder une plus facheuse. Si devant la force du calembour (qui, je dois l'avouer, s'est de primo approprié la suite de mes idées) s'efface la syntaxe, cette dernière toutefois me semble juste. Guère usité de nos jours que dans des discours formels, l'emploi du temps qui fait "-isses" remplace avantageusement son présent dans une proposition subordonée, quand la principale est au passé.
Si tu t'en sors tant mieux, moi j'arrive même pas à me relire. Les choses étant ce caleçon, je vais me coucher.
Mais alors est les où la fin heureuse heureuse à Marseille et toutes les péripécies de votre rentrée?
Non, non, non il manque la touche final à ton oeuvre! Tu n'as pas fini petit feignant!
Riton
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